Corollaire à l'équilibre

Madrigale rappresentativo, pour trois voix, trompette (harmon mute), cor, tuba.

Composition

2020

Catalogue number : 88

Temps constant et serré. Les voix parlent en respectant la scansion rythmique mais en recherchant une tonalité la plus naturelle possible et en orientant le son vers différentes directions de l’espace. Trois voix presque au même niveau ( brouhaha précisément mesuré ). Le volume de chaque nouvelle phrase introduite est légèrement plus fort.
L’effet souhaité pour les voix est celui d’une précision rythmique associée à une naturel de la parole. Dans une version scénique, les trois chanteuses exécutent une action chacune, sans cesse:
La première chanteuse parcourt l’église à vélo.
La deuxième chanteuse monte et descend d’une seule marche (fournir un objet scénique qui reproduit seulement deux marches d’escalier). La troisième chanteuse traverse un portique à califourchon, non loin du sol.
L’action commence soudainement sur la première note et se termine soudainement sur la dernière note.
Les auditeurs suivent le fil narratif en écoutant plusieurs phrases en même temps et choisissent celle sur laquelle se concentrer.

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« … Avec voilà des poteaux ronds le haut du portique c’était une planche. Sur le coté du portique il y avait des échelles. Moi, j’ai jamais réussi à le faire debout. J’ai traversé à califourchon. Tu vois. Qu’on puisse grimper en haut du portique et traverser sur la planche. Aujourd’hui ce serait. Impossible un truc comme ça. C’était quand même un challenge, un sacré challenge. Moi j’ai jamais réussi à le faire debout. Finalement c’est très associé au jeu avec ma sœur. Qu’est-ce que c’est qui m’a amené, hum, là-haut ? Elle adorait en fait monter monter comme ça sur des. Elle adorait jouer avec l’équilibre finalement. Et donc elle était un jour montée sur un. Tout autour du terrain il y avait cette espèce de de de de truc en métal serré en métal. Elle adorait jouer avec l’équilibre finalement. Et donc elle était un jour montée sur un. Elle adorait en fait monter, monter comme ça sur des. Ça partait bas ça montait ça montait ça montait ça montait ça montait ça montait ça montait ça montait. Elle a commencé à faire le tour, moi c’est pareil. Je n’arrivais pas à suivre derrière. Il avait plu, il était mouillé et elle est tombée. Et elle s’est mise à saigner on était arrivé en bicyclette. Elle est montée sur sa bicyclette et elle est partie à une vitesse absolument phénoménale. Je pédalais derrière mais je pouvais pas pédaler si vite. Mon père était en train de la soigner. C’est un souvenir de grande solitude parce que je pédalais derrière mais je pouvais pas pédaler si vite. Je n’ai plus qu’à courir derrière. J’ai rien pu faire pour elle. J’avais très très peur évidemment… « 

Paris. Eglise Saint-Eustache. Octobre 9th, 2020. Festival D’Automne a Paris. Prèmiere.

Trio vocal Déclic – Valérie Philippin, Noémie Legendre, Frederike Borsarello
Maxime Morel, tuba et trombone
Matthias Champon, trompette
Nicolas Chedmail, cor

Composé comme partie de Consensus Partium avec David Christoffel, commande du Festival d’Automne à Paris.

Production Festival d’Automne à Paris En collaboration avec La Muse en circuit Avec le concours de la Sacem.

© Alessandro Bosetti / 2021